Nous avons tous déjà été au moins une fois confrontés à la situation : vous êtes en voiture ou à pied et un mendiant, jeune ou moins jeune, vient vous demander une pièce soit pour manger, soit pour se payer une cigarette...
C’est ce qui nous est arrivé encore une fois hier lorsque nous garions notre voiture devant une pharmacie. Un enfant de 10 ans m’aborde en me demandant de l’argent car c´était ce jour-là son anniversaire et qu’il voulait s’acheter un cadeau puisque ses parents n’avaient pas les moyens de le faire. Premières réactions : méfiance ! est-ce encore une excuse pour éveiller ma sensibilité altruiste ? Je lui demande son âge et sa date de naissance, ça n’avait pas l´air bien clair...
Je finis par céder en lui donnant 1 real (0,40 euros). Je pense à Daniel qui a reçu beaucoup de cadeaux en cette période du Père Noel, et qui pourrait peut-être partager...
Nous rentrons Gisella et moi dans la pharmacie. Nous allions à la caisse quand ce garçon, Maurice nous l’avons su après, entre dans le magasin et s’approche, sans nous avoir vu ou peut-être en nous ayant vu, de jouets exposés dans la pharmacie (au Brésil, la pharmacie vend de tout, y compris des jouets et des parfums !). Il s’agenouille près d’une boîte de jeux de société et la regarde sous tous les angles, l'embrasse, la courtise du regard. Un enfant de cet âge ferait-il du cinéma à ce point ou est-il véritablement dans le besoin?
La question demeure : est-ce du « pipo » ou la réalité ? Nous nous consacrons tellement à Cepromar que je me demande s’il faut encore faire ce type de geste, sans savoir si la vérité nous a été contée, sachant que nous mêmes nous gérons au plus juste nos finances... Dans tous les cas, Gisella a suivi son coeur et peut-être est-ce ce qui nous manque le plus au XXI siècle : nous sommes culturellement formatés pour analyser, raisonner, juger, décider et ne plus se laisser guider par nos sentiments et notre coeur !
Que faire alors dans ce genre de situation ? Je n’ai pas de réponse, chacun trouvera la sienne, Gisella, ma femme que j’adore, elle, a suivi son coeur !
Gisella, assistant la scène, n’en peut plus et s’approche de lui, lui pose quelques questions, lui fait promettre de ne plus mendier cette semaine devant les magasins si elle lui offre son jeu et va payer (35 reais, un peu plus de 10 euros) et faire emballer le fameux jeu à la caisse...
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